2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 06:37

Nous faisons de la sémiotique comme M. Jourdain faisait de la prose : sans le savoir…

 

 

Bonjour à tous !

 

Voilà notre cycle « Communication et sémiotique » qui s'achève... Mais je compte bien refaire de petites séquence sémio ou autre dans l'avenir ! Et comme toute bonne conclusion, je vais essayer de faire, dans cet article, le résumé de tous les autres.

 

Lé sémiotique est l'étude des systèmes de signes. Soit ! Mais qu'est ce qu'un signe ? (les choses les plus « primaires » sont bien souvent les plus difficiles à expliquer) Un signe est « quelque chose qui renvoie à autre chose ». Dans le concept du signe, il y a cette idée de transfert, de direction... La sémiologie de la communication ne s'intéresse qu'aux phénomènes de communication alors que la sémiologie de la signification englobe tous les signes. Pour cette dernière, tout est signe et objet d'étude, c'est le sens de « signe » pris au sens large (« quelque chose qui renvoie à autre chose »). Pour la sémiologie de la communication, on ajoutera « en exprimant la volonté de l'émetteur » ; cette différence est essentielle si on veut comprendre la base du système d'étude sémiotique.

 

Un site web est un objet de communication. Il fait donc basiquement partie des objets d'études de la sémiotique. C'est un système de signes ou plutôt un système de sous-systèmes hiérarchisés. L'interface graphique qu'est un site web est faite d'objets sémiotiques divers ; texte, images fixes et images mobiles... Le rapport entre ces différents objets est fondamental : chacun est un sous-système lui-même divisé en sous-systèmes et ainsi de suite qui possède un ensemble de valeurs sémantiques et interprétatives propre.

 

J'ai pris l'exemple des logos, des bannières, de la publicité ou d'une newsletter pour expliquer comment des systèmes communicatifs plus « petits » que des sites web entiers pouvaient avoir un impact sémantique et interprétatif voire émotionnel fort (un logo est un « petit » objet particulièrement dense sémiotiquement parlant). Ces exemples m'ont également permis de montrer comment se faisait une analyse sémiotique simple. Identifier les différents éléments du schéma de communication et leur impact envers l'objet d'étude, préciser le contexte spatio-temporel de sémantisation de l'objet et décrire le fonctionnement de l'objet et comment il fait sens.

 

Enfin, il me paraissait important de préciser que la sémiotique est une quête constante des apparitions du sens de comment il apparaît. Les valeurs sémantiques en jeu dans un système complexe comme un site web sont en constante tension. De fait, la contextualisation de ces valeurs sémantiques les font « pencher » dans un sens ou dans un autre... J'ai alors cherché à expliquer si un « référencement » ou une « stratégie de communication » pouvaient faire l'objet d'une étude sémiotique, autrement dit, si la sémiotique pouvait avoir un effet « préconisateur » ou seulement « analytique ».

 

Le code de la route, les médias, au boulot, chez vous... les signes sont partout. Tous ne sont pas agencés en système mais il est certain que nos sociétés baignent continuellement dedans. Si l'analyse sémiotique est préférentiellement « laissée » à des professionnels, la lecture de systèmes sémiotiques est une pratique courante et continuelle de chacun d'entre nous ; de même que la psychologie (souvent « sauvage ») est courante. Nous faisons tous de la sémiotique comme M. Jourdain faisait de la prose : sans le savoir...


La sémiotique est donc loin d'être une discipline « réservée » aux seuls universitaires, elle doit être, de mon point de vue, pour tout le monde et l'est par défaut (« lectures »). Si les analyses ou descriptions peuvent paraître complexe, voire le sont, tout le monde sait interpréter un rond rouge avec une barre blanche en son centre comme un « sens interdit » !

 

Merci de m'avoir suivi tout au long de cette série, je l'espère palpitante ;-)

 

Bonne journée !

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 07:21

Bonjour à tous !

 

Qu'est ce qu'une bonne stratégie de communication web ?

 

Le titre de ce message (le sous-titre) était à l'origine "qu'est ce qu'une stratégie de communication web sémiotique ? » et comme j'adooore la « sémiotique », je me suis dit que c'est forcément la meilleure façon de voir les choses !

 

Bon trêve de plaisanterie (quoique... comme dirait mon père !). Une stratégie de communication (attention ! Je vais enfoncer une porte ouverte !) doit être pensée, réfléchie et programmée. Mais la question est : « comment la penser, réfléchir et programmer ? »

 

Sur le même principe que l'article « Le référencement peut-il être envisagé de façon sémiotique ? », je voudrais « enquêter » sur les orientations potentiellement sémiotiques à donner ou non à l'élaboration d'une stratégie de communication pour un projet web.

 

Tout d'abord, et nous l'avons vu avec le référencement, la description et l'analyse de la concurrence sur un marché où voudrait se positionner un site sont du domaine de la sémiotique. Je n'y reviendrai pas.

 

Par contre, contrairement aux conseils et préconisations en référencement, une stratégie de communication (le fait que ce soit du « web » ne rentre pas ici en ligne de compte) peut être et même devrait être sémiotique. En effet, un référencement est un « pari » sur des résultats, des données réelles potentiellement chiffrables. Alors qu'une stratégie de communication cherche à « diriger » voire « obliger » (presque au sens juridique du terme) les cibles (rien de péjoratif dans l'emploi de ce terme, nous sommes tous à un moment ou à un autres des cibles de la communication) vers quelque chose de précis. Le référencement est un travail (relativement) objectif (Google est notre maître !), la (stratégie de) communication peut être prise comme une injonction subjective puisque (entre autres raisons) la cible n'est pas un moteur de recherche mais bien des êtres pensants doués d'un libre arbitre.

 

Une seule différence avec une analyse de publicité tout de même : la pub est déjà réalisée lorsque l'analyse se fait alors qu'une stratégie précède forcément sa mise en application... Mais le problème de l'action réalisée ou non (perfective ou non) ne pose pas de problème en soi. La sémiotique est une discipline qui travaille sur le fonctionnement des systèmes de signes et de leurs valeurs sémantiques et interprétatives. Pas de temporalité là-dedans...

 

Dans cette ordre d'idée, une stratégie de communication doit prendre en compte, comme le fait une analyse sémiotique (vous devez maintenant y être habitués), tous les paramètres possibles de l'action de communication. Et c'est là que le web entre dans l'arène ! Le canal de communication (encore le schéma de la communication de Jakobson ! N'allez pas penser que la sémiotique se résume à ce schéma et au carré sémiotique hein ?) est un élément essentiel, pourtant au même titre que l'émetteur ou le récepteur. De même, chaque objectif de communication doit être pris comme un système unique à construire indépendamment des autres mêmes s'ils auront chacun un impact considérable les uns sur les autres.

 

Chacun des éléments de la stratégie doit être analysé avant d'être réalisé pour envisager les réactions possibles. Et après leur réalisation, pour rectifier le tir si cela ne fonctionne pas pour une raison ou une autre... La démarche doit donc être proactive avant d'être réactive ! Sur le web, un message de blog ou un communiqué de presse peut avoir des effets non désirés et avoir un mauvais impact sur l'e-reputation du client. La théorie sémiotique ne s'intéresse pas aux probabilités de réussite ou non d'une analyse. Comme elle s'applique à des hommes doués de raison et non des machines, les effets ont toujours une part d'imprévisible (la sociologie ne cherche pas non plus à dire si elle a tort ou si elle a raison, il s'agit juste d'une façon de voir les choses). C'est pourquoi une démarche complète et englobante est essentielle à la réussite de tout projet de communication dit « sémiotique ».

 

Donc la réponse à la question du (sous-)titre est ?

 

N'hésitez pas à le donner vos avis sur cet article !

 

Bonne journée !

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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 07:11

Le référencement peut-il être envisagé de façon sémiotique ?

 

Bonjour à tous !

 

Grande et grave question !

 

Tout d'abord, d'un point de vue global, le référencement est-il un objet de communication ? (Pour une explication sur « qu'est ce que le référencement ? », je vous renvoie à l'article que j'ai écrit il y a quelques temps). Le référencement (au sens large et non au sens restreint de référencement naturel) n'est pas un objet mais il crée un objet de communication (un positionnement sur un moteur de recherche ou l'image d'un site web...) ; plus précisément il participe à la création de celui-ci.

 

Un référencement n'est pas un objet, il ne peut donc pas être soumis à l'analyse sémiotique. Pour autant le référencement s'applique à un objet sémiotique, un site web qui peut y être soumis. Le référencement ne sera donc pas lui-même sémiotique ; je veux dire : une méthode de référencement uniquement sémiotique ne pourra être envisagée.

 

Par contre, il sera tout à fait possible d'appliquer une analyse sémiotique à l'objet de recherche et de création. On pourra décrire les manifestations sémantiques de tel ou tel site web concurrent, comment tel logo ou bannière est construite, on pourra tenter d'expliquer comment tel campagne de publicité fonctionne ; bref, les possibilités d'utiliser la sémiotique pour la création de site web ainsi que leur référencement seront nombreuses.

 

Le langage meta (le langage sur le langage) est constitutif de la sémiotique comme de beaucoup d'autres sciences humaines. Parler de ce dont on parle, analyser les signes que l'on produit est l'objet même de la sémiotique. De fait, un langage meta ne pourra être qu'analytique et non directeur. La discipline ne reste donc que descriptive et analytique, elle ne peut en aucun cas rendre un jugement. Elle ne pourra donc pas servir à la création d'un système de sens mais permettra d'analyser celui qui en est à l'origine.

 

Les réflexions préparatoires à la création d'un site, ou plutôt au référencement (toujours au sens général) de ce site, à la création et au développement de l'image d'une entreprise... pourront être sémiotiques. La création d'une stratégie pourra, elle, être sémiotique puisqu'elle prendra en compte l'ensemble du processus sémantique et le subdivisera en sous-systèmes potentiellement expliquables par des raisonnements sémiotiques. Par exemple, on doit penser à tous les éléments du schéma de communication et à les détailler au maximum.

 

Prenons un exemple : vous voulez ouvrir une boutique en ligne de vente de chaussures. Vous faites alors appel à une agence de communication et marketing web spécialisé dans les analyses sémiotiques et sémantiques.

 

Sémiotiquement parlant, il pourra vous proposer :

  • un audit du marché de la « vente en ligne » (en prenant un échantillon de sites bien placé sur les moteurs de recherche principaux et en analysant ce qui semble fonctionner de manière commune sur ces sites : requêtes, visuel, produits...)
  • du conseil dans le choix des mots-clés pertinents (en fonction de cette recherche préliminaire et selon la spécificité de votre entreprise)
  • du conseil dans le choix des visuels de votre site, de votre rubriquage...
  • du conseil dans la diffusion et le développement de votre image de marque

Les prestations de gestion de votre community management (gestion de vos blogs et comptes sur réseaux sociaux), la rédaction de vos communiqués de presse, des billets sur votre blog ou des contenus de votre site pourront également vous être proposés.

 

Bonne journée !

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 07:05

Le fonctionnement d'un site web : une lutte constante de valeurs sémantique et interprétatives (carré sémiotique)

 

Bonjour à tous !

 

La sémiotique ne sert pas uniquement à décrire et analyser des publicités, bannières ou logos. Elle permet également de décrire et analyser le fonctionnement interprétatif d'objets sémiotiques plus complexes tel qu'un site web. On l'a un peu vu avec les newsletters (liens vers le post), un site web est un tout qui met en tension des valeurs sémantiques différentes. Cette mise en tension et cette « lutte constante » entre les qualités (au sens propre du terme) du lecteur et les volontés du webmaster créent le sens de l'objet d'information et de communication qu'est un site web.

 

Je voudrais, pas ce post, en dire un peu plus du fameux « carré sémiotique » qui nous vient du sémioticien A. J. Greimas. Le « carré » a fait couler beaucoup d'encre car il est une des choses les plus « concrètes » et « palpables » de la sémiotique textuelle souvent considérée comme « obscure ».

 

La carré sémiotique (comme le modèle actanciel de Greimas) sont des propositions théoriques majeures. Prenons un exemple théorique basique pour commencer. Ce modèle théorique tente de confronter les « valeurs » d'un acteur (un personnage comme un objet, comme une pensée) et de préciser leur interaction. La valeur en 1 trouve son contraire en 2, son complémentaire en 3 et son contradictoire en 4. Ce modèle a été créé pour définir au mieux les « tensions » entre les acteurs et proposer une « solution » sémantique viable.

 

 

Pour expliquer cela plus précisément (je sens bien que j'en ai déjà perdu plusieurs...), prenons un exemple. La sémiotique textuelle a, dès le début, beaucoup travaillé sur des corpus textuels issus de contes ou de textes bibliques. Dans Cendrillon s'opposent un certain nombre de valeurs à différents niveaux.

 

 

  • En premier, on a la valeur « bonté » (1) dont fait preuve Cendrillon. Elle est le sujet du conte, son centre, son acteur principal.
  • On spécifie alors son contraire : la « méchanceté » (2) dont font preuve ses soeurs (elles fomentent contre Cendrillon)
  • Ensuite le contradictoire de la « méchanceté », la « non-méchanceté » (3) dont fait preuve le prince (aucune méchanceté envers qui que ce soit) ; le prince est le contradictoire des soeurs dans le sens où il apporte des valeurs sémantiques positives à Cendrillon alors que les soeurs n'apportent que des valeurs sémantiques négatives.
  • Enfin le contradictoire de la « bonté », la « non-bonté » (4) caractérisé par la mère (elle n'est pas bonne).

Les soeurs sont en relation de complémentarité avec la mère dans leur rôle d'opposantes à la réussite du projet de Cendrillon (à droite dans le schéma) de la même façon que Cendrillon est en relation de complémentarité avec le prince qui sont dans la partie « positive » du schéma (à gauche).

 

Le carré sémiotique, s'il est relativement simple à utiliser, doit être rigoureusement défini pour ne pas lui faire dire n'importe quoi. Il doit toujours s'adapter sur un même niveau narratif et énonciatif.

 

Pour un autre support, le principe est strictement le même. Il s'agit d'un support de communication dans lequel on retrouve tous les éléments essentiels à une analyse narrative (acteurs, figures...). Prenons une des images que nous avions choisies pour l'article sur la publicité.

 

 

Nous pouvons par exemple (et il pourrait y en avoir beaucoup d'autres) bâtir le schéma suivant :

 

 

Dans ce shéma, on trouve une relation de complémentarité entre, d'un côté, l'« emprisonnement » (symbolisé par les menottes) et le « régime chinois » (non symbolisé ici, in absentia) et, de l'autre côté, la « liberté » (non symbolisé ici, in absentia) et les « JO » (symbolisé par les cinq anneaux entrelacés).

 

L'utilisation de ce genre d'outil permet de définir clairement les valeurs de dénotation ou de connotation sur un texte (au sens large). S'il ne s'agit toujours pas de porter un jugement, on peut décrire et analyser habilement toute communication à partir d'outils comme celui-ci.

 

Ces explications sont bien trop simplistes et rapides pour expliquer le carré sémiotique de Greimas et Courtès mais j'espère que cela aura pu au moins donner une idée. Pour plus de détails, n'hésitez pas à consulter les liens suivant : 

 

 

http://www.signosemio.com/greimas/carresemiotique.asp

 

http://www.groupereflect.net/blog/archives/2005/le_carra_samiot.html

 


Bonne journée !

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 11:57

Comment est faite une newsletter ? Tentative d'analyse…

 

Bonjour à tous !

 

Vous avez remarqué que le format des supports "étudiés" dans cette série est de plus en plus grand ? Après le logo, la bannière, la publicité voilà... la newsletter !

Je ne ferais pas dans cette série un article complet de l'e-mailing (j'en ai déjà fait un que je vous invite à consulter mais qui n'était pas dans « l'optique sémiotique »), mais je voudrais tout de suite faire un parallèle entre les deux types de support. Un mailing est un mail exclusivement commercial envoyé à beaucoup de personnes qui n'ont pas forcément accepté délibérément de le recevoir.

 

La newsletter a été , la plupart du temps, recherchée par les internautes. De plus, son contenu est informatif et non commercial, même si le côté « commercial » est souvent en arrière-plan...

 

Donc elle diffuse de l'information de manière périodique du type « quelles sont les nouveautés depuis le mois dernier ? ». La newsletter est donc de fait un outil utilisé pour la communication interne comme pour la communication externe sur le web.

 

Comme d'habitude, prenons des exemples :

 

 

Cette newsletter est composée d'un en-tête, une sorte de bannière avec le logo de l'entreprise, d'un bloc « dernière minute », d'un bloc « annonce », d'un bloc « témoignage client » et de plusieurs blocs d'informations diverses. Si elle ne présente pas de publicité directe, elle permet d'informer sur les actualités de l'entreprise, de donner un témoignage et d'annoncer un événement. Elle tient sur un format « équivalent » A4 et son format électronique permet de renvoyer vers des articles du site web.

 

Le texte est ici moins important que les images (au niveau de la place). La newsletter a été pensée pour n'être qu'un relai vers le site web ; les images attirent le clic !

 

L'objectif prioritaire d'une newsletter est sa capacité à fidéliser les internautes, non pas à consommer (objectif commercial) mais à visiter régulièrement le site web, à s'intéresser à l'entreprise et à ses actualités.

 

 

Cette newsletter est plus longue et plus dense mais le principe est le même. Différence de taille tout de même : sa personnalisation, l'édito a été rédigé uniquement pour la newsletter et le « compte-rendu » probablement également. Si elle présente plus d'informations ciblée, ce qui est par principe un avantage, sa longueur est un handicap pour les logiciels de messagerie (genre Outlook) car il est évident que ce sont les information de tête qui le sont le plus consultées.

 

Le texte y est nettement plus présent que l'image. Si la plupart des articles renvoient au site web, il est évident que l'objectif est d'en faire un support d'information à part entière, quasiment autonome. Il semble également certain que la ligne éditoriale y est clairement définie alors que ce n'est pas forcément le cas de la première. Un édito, des rubriques claires, des images, de l'actualité, il ne manque qu'un dossier de fond pour en faire un mini-journal cohérent (uniquement sur la forme bien sûr !) !

 

Bonne journée !

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 06:57

Le fonctionnement d'un site web : la sémiotique de la publicité

 

Bonjour à tous, 


Petit article sur la publicité.

L'analyse de publicités est un des éléments prioritaires auxquels on pense quand on parle de sémiotique : « à quoi sert la sémiotique ? À décrire des publicité par exemple... » On voit plus facilement la construction de publicité comme une « juxtaposition » de signes que la construction actorielle d'un texte lambda ! Pour autant, les publicités sont des associations de systèmes sémiotiques différents qui fonctionnent ensemble, texte et images le plus souvent...


Une publicité s'inscrit dans le cadre de la transmission d'information. A l'inverse des autres types de discours, elle poursuit un objectif commercial. Elle prend aujourd'hui de nombreuses formes : unique, répétitive, audio, visuelle, vidéo, sur des supports différents etc. 


Du latin « publicare » (publier, public), la « publicité » est donc cette façon de faire connaître telle ou telle marque ou information. Son objectif est de promouvoir tel ou tel produit en en vantant les qualités. Elle s'appuie sur un certain nombre de valeurs qui lui sont intrinsèquement attribuées. L'argument d'autorité pose l'énonciateur comme une autorité sur le domaine qu'il promeut (le syllogisme (lien vers le post sémio 5) joue ce rôle) : pour vanter les qualités d'un dentifrice, vous montrerez plutôt un dentiste.... D'autres arguments classiques sont largement utilisés : émotionnels, culturels, sociaux...


Pour commencer, prenons l'exemple de Mac Do. De nombreuses publicités ont émaillé la vie du géant de la restauration rapide. 

 



Celle-ci est une ancienne publicité. Le garçon répond au canon du jeune américain des années 50-60. La publicité est basée sur deux arguments : un bon goût et un prix attractif. Pas de question environnementale ou de santé à cette époque... Le texte « real good » reprend simplement l'image et la connotation positive « envoyée » par le pouce levé et le large sourire du garçon. La phrase en noir souligne l'argument du prix. Dans son autre main, le garçon tient un hamburger (la marque n'étant pas aussi connue qu'aujourd'hui, on devait alors rappeler que Mac Donald était une chaîne de restauration). 


Le message est simple et la publicité n'a pas à être lue autrement que directement : « de bons hamburgers pour une faible prix ». Aucun autre argument ne doit être mis en avant. 


 

Cette publicité fait partie d'une des dernières campagnes Mac Do. Elle se décline en plusieurs occurrences. Celle-ci est nettement plus « actuelle » et fonctionne de manière réellement différente. 


Plus de hamburger (le logo suffit maintenant pour qu'on reconnaisse le restaurateur), ni le texte, ni l'image ne peuvent être compris au premier degré. Cette publicité ne vante pas le produit « hamburger » mais l'image de l'entreprise et de ses représentants : les restaurants. Cette même femme en 5 « versions » différentes montre que tous les aspects de la personnalité des gens sont les bienvenus chez Mac Do. « En vacances, au boulot, en hiver, en été, le jour, la nuit, vous serez toujours bien accueilli (avec le sourire) dans nos restaurants », semble dire la publicité. 


Une publicité peut donc promouvoir un produit comme une entreprise tout entière, simplement de de ses aspects ou toute sa « personnalité ». En opposition aux publicités « ancienne », les nouvelles pubs semblent être plus complexe à décoder. Pas forcément... Disons que le champ de la pub s'est considérablement élargi et que les valeurs culturelles et sociales qui sont véhiculées sont différentes...

 


Cette publicité, qui n'en est pas vraiment une, a fait le tour du monde lors des derniers jeux olympiques. « Reporters sans frontières » en avait fait le symbole de sa lutte contre la tenue de ces JO. 


Elle n'est pas une publicité « ordinaire » dans le sens où elle ne promeut ni un produit ni une entreprise mais diffuse une idée. La place du texte « Beijing 2008 » (sous l'image) « signifie » que le texte explique l'image : cette publicité est une publicité sur les JO, et je dis bien « sur » et non « pour » car, contrairement à la logique de la publicité, elle vante une qualité négative !


Les menottes sont en position métaphorique des 5 cercles représentatifs des cinq continents, logo du CIO (Comité International Olympique), organisateur des JO. De leur côté, les menottes transmettent les valeurs négatives de l'arrestation, de l'enfermement... L'image nous dit donc : « Les JO de Pékin 2008 sont une caution de la politique répressive chinoise actuelle. 


Cette « publicité » (que l'on pourrait nommer « fausse pub » puisqu'elle ne vante pas une qualité) est de plus en plus courante à l'heure actuelle à cause du développement constant des moyens de communication. La publicité est aujourd'hui un support pour exprimer ce que l'on souhaite. Si la sémiotique ne s'intéresse pas à la politique, elle permettra de décrire le fonctionnement de cette image, inspirée d'une publicité « réelle ». 


N'hésitez pas si vous avez des questions. 


Bonne journée !

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 13:30

Le fonctionnement d'un site web : le fonctionnement d'une bannière publicitaire

 

Bonjour à tous !

Une bannière publicitaire est un encart graphique, textuel visant à faire de la publicité à votre site sur d'autres sites ou le vôtre. Cela peut donner lieu à des systèmes d'affiliation ou simplement à une expression graphique différente de celle de votre logo. La différence d'avec un logo n'est pas énorme mais pourtant bien réelle. La bannière et le logo partage tous les deux la qualité de représentation d'un site (même si le logo représente l'entreprise éditrice du site) mais ils se différencient sur l'objectif recherché : le logo doit être envisagé comme étant à destination de tous alors que la bannière est faite pour une cible précise comme une publicité.

 

Une fois de plus, nous prendrons plusieurs exemples tirés du web.

 


La première : bannière « Solidays »

 

 

Cette bannière est une sorte d'extension du logo « solidays » 2009 (que l'on peu trouver là : http://www.suchablog.com/wp-content/uploads/2009/03/logo-solidays-2009.jpg).Elle en est très proche (personnage recentré et nom) ; elle pourrait être prise pour un logo classique. Sauf que... son format s'adapte à un site web et il ne s'agit pas d'un format classique de logo (souvent carré). Cette différence est plus importante que l'on croit car cela a pour conséquence de cibler les lieux de dépôt de la bannière ce qui est, comme on l'a vu un différente essentielle entre le logo et la bannière (et qui dit « lieu » différent dit aussi « public » visé différent...).

 

 

La deuxième : bannière « Ecotourisme »

 

 

Celle-ci présente un objectif un peu différent. Elle permet de présenter un événement particulier.  Les images ne sont qu'illustratives et n'apportent rien de nouveau au message.

 

 

La bannière Cybercité : un fleuron ?

 


Cette bannière, que l'on trouve en haut du site, se décompose en plusieurs versions (5 « règles ») exprimant chacune plusieurs arguments commerciaux.

  • Règle n°1 : « un site web original ne suffit pas »
  • Règle n°2 : « solutions pour objectifs ambitieux »
  • Règle n°3 : « pour votre référencement, choisissez aussi un spécialiste »
  • Règle n°5 : « dès demain sur Google, Yahoo et les autres »
  • Règle n°6 : « connaître ses classiques et savoir innover ! »

Chacune de ces bannières fonctionne sur un système tripartite simple. Dans cette bannière, le texte 1 (en plus gros et en gras, « êtes-vous prêts à vous démarquer ? » dans l'exemple) constitue la base du système argumentatif. L'image dans l'exemple 1 n'est que là dans une position de relai du texte. Elle est basée sur l'opposition des connotations de l'homme barbu et tatoué, lié à un « monde » précis et de la « tasse de thé » et des « boucles d'oreille », lié à un autre « monde ». Cette opposition crée le décalage humouristique et reprend le « Signifié » « démarquer ». Le texte 2 (plus petit en bas à droite) a une fonction d'ancrage et insère la phrase dans le bon contexte (création web et référencement).

 

Dans cet exemple, l'image est très forte et pose un problème d'équilibre narratif dans la bannière toute entière. Si l'image a un impact trop fort, on en vient à moins bien lire le texte et l'effet est gâché.

 

 

Cet exemple est basé sur le même principe sauf que la partie « image » est divisée en 2. Ici le texte est plus long et plus fort. Pas besoin de « lire » l'image, le « dentiste » est un « dentiste » et ne fait que reprendre le concept sous-jacent de « l'opération dentaire », pas de système d'opposition à lire dans l'image. Le texte 1 est ici basé une un système argumentatif élémentaire : le syllogisme (Platon est un philosophe, je suis philosophe donc je suis Platon). Argument 1 : « Vous avez mal aux dents » (= votre site est mal référencé) ; Argument 2 : « quand vous avez mal aux dents, vous allez voir le dentiste » (= quand votre site est mal référencé, vous allez voir un référenceur) ; Argument 3 (in absentia, absent): « venez nous voir ».

 

Un deuxième système argumentatif est « posé » sur le premier : « généraliste » = référenceur « moyen » ; « dentiste » (spécialiste) = référenceur professionnel. Un nouveau syllogisme : Argument 1 = « vous avez un problème de référencement » (in absentia) ; Argument 2 = «  vous allez voir un spécialiste » ; Argument 3 : « venez nous voir » (élément sous-jacent lié à l'autorité publicitaire : « nous sommes des spécialiste du référencement »).

 

Aux différentes étapes se trouvent d'autres éléments sous-jacents, de non-dits culturels ou sociaux que je pourrais plus détailler mais je suis sûr que vous avez compris où je voulais en venir !

 

A la différence des deux premières bannières, cette « suite » se veut narrative, elle raconte quelque chose, elle explique les qualités d'un produit ou d'une entreprise. Elle répond aux valeurs essentielles d'une publicité.

 

N'hésitez pas si vous avez des questions !

 

Bonne journée !

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 08:24

Le fonctionnement d'un site web : un logo, construction polysémiotique à fort potentiel communicatif

 

Bonjour à tous,

 

La dernière fois, nous avons parlé du lien texte/image. Le logo d'une entreprise, élément crucial d'une charte graphique, se retrouve la plupart du temps sur les sites web. Le rapport image/texte y est le plus souvent présent. Mais, plus loin que ça,un logo fonctionne sur une ambivalence très intéressante : il est à la fois construit par un ensemble de sous-systèmes comme une image classique, dont nous avons parlé mais il fonctionne également en tant qu'élément autonome sans nécessiter un quelconque lien avec une contexte spécifique.

 

Un logo est censé « marcher » n'importe où, transmettre son message dans n'importe quelles conditions et être efficace quelque soit le récepteur (le « destinataire » du shéma de la communication de Jakobson). Un logo est une construction graphico-textuelle très complexe : il fait appel non seulement à un « Signifiant » iconique ou graphique qui, lui-même, met le lecteur avec un « Signifié » qui lui-même...

 

Il existe plusieurs niveaux de dénotation ou de connotation dans une image. Un logo présente plusieurs niveaux « formels » et plusieurs niveaux « conceptuels ». Prenons 3 exemples pour expliquer cela :

 

 

Tout le monde connait ce logo, que l'on trouve à tous les coins de rue. Essayons de disséquer le « millefeuille »... Tout d'abord, ce logo est une forme (« Signifiant ») qui se divise en :

  • Un « Signifiant » iconique (dénotation) : une forme double rectangulaire noire, un carré jaune...)

  • Un « Signifiant » iconologique ou plastique (connotation) : une double barre noire, une plume rouge... (au sens purement graphique)

Ensuite, ce logo est possède un « Signifié » à plusieurs niveaux :

  • Un « Signifié » primaire (dénotation) : une double barre noire, une plume rouge... (selon le sens habituellement donné à ces images)

  • Un « Signifié » secondaire (connotation) : la plume signifie la « presse »

Remarque : le texte « presse » joue ici un rôle ambigu : si la plume signifie clairement « presse », il s'agit alors d'un texte relai, sinon il s'agit d'un texte d'ancrage.

 

Mais un logo est un tout. Au delà de la description qui vient d'être faite, on aborde la question de l'emploi de ce logo dans un contexte d'énonciation donné. Depuis le temps que ce logo est utilisé, il est maintenant devenu un objet de communication courant, il se comprend de lui-même sans avoir à le « lire », il est rentré dans la mémoire collective.

 

 

Vous la reconnaissez ? Le premier logo d'apple !

 

Celui-ci est assez intéressant. Par rapport au premier sur la presse, il est nettement plus compliqué, difficilement lisible et mal interprétable. Car celui-ci ajoute au moins un niveau d'interprétation, et on ne parlera plus de dénotation ou de connotation mais bien de compréhension ou d'interprétation. Pour le comprendre, il faut obligatoirement faire partie d'une certaine culture, avoir intégré des schémas sociaux pré-établis : vous l'aurez compris, il s'agit de Newton en train d'élaborer sa théorie de la gravité avec une pomme au dessus de la tête (la pomme d'Apple).

 

Mais ce logo va plus loin que ça. Apple est une entreprise privée et unique, contrairement au consortium à l'origine du logo « presse » et elle a une image de marque à diffuser. C'est ce qu'elle fait avec ce logo (et qu'elle fera moins avec les suivants) : elle donne une image de « culture », « science », « élite culturelle et littéraire » ; ce deuxième niveau de connotation est essentiel dans la plupart des logos.

 

Enfin, ce logo raconte quelque chose, il s'agit de la composante narrative et rhétorique de l'image. Elle raconte « Newton en train de développer sa théorie sous un pommier », elle pose un avant (comment est-il arrivé là, pourquoi ici ?...) et un après (la pomme va-t-elle tomber ? Que va-t-il faire ?...). Il induit une temporalité, souvent utilisée dans les images mais moins dans les logos (censés exprimer une idée, un concept et non raconter quelque chose).

 

Un dernier pour la route ?

 

 

Ce logo, vous ne le connaissez probablement pas encore (j'en profite pour faire un peu de pub à un ami !) mais, il est très intéressant à décrire. Il est très classique dans sa construction mais particulièrement simple et donc efficace, de mon point de vue.

 

Il se divise en trois parties : le pictogramme lui-même en 3 parties, le nom de l'entreprise (« Inside Créations ») et le slogan en trois mots. De gauche à droite, le pictogramme et les mots du slogan se croisent et représentent chacun une « facette » de l'entreprise. La souris à gauche et la plume (décidément !) à droite se lisent facilement. L'image du centre est un logo à elle seule mais signifie ici simplement les qualités et avantages du référencement. Les mots du slogan jouent un rôle d'ancrage car elle permettent de « choisir » un « Signifié » (la plume signifie ici « graphisme » alors que pour le logo de la presse, elle signifiait « presse »).

 

Enfin, ce logo dégage les idées connotatives de second degré de « simplicité », « sérieux » et « classicisme » : « Inside Creations fait des sites web graphiques et référencés et le fait bien ! » ; cela semble être le message délivré par la logo.

 

Un logo est un objet « polysémiotique » (qui utilise plusieurs sémiotiques, image, texte...) fait pour communiquer. Ses différents niveaux de compréhension le pose sur le haut de l'échelle « capacité communiquante » et est, de fait, un très bon objet d'études pour la sémiotique. Dans un site web, lui-même « objet de communication », le logo s'insère parfaitement dès qu'on construit le site selon les mêmes objectifs et principes que le logo, si on communique les mêmes idées et valeurs.

 

La sémiotique, si je ne fais ici qu'effleurer certains questions importantes, décrit et analyse des objets de communication. Elle ne porte pas de jugement ni ne donne de préconisations mais informe juste du fonctionnement de tel ou tel.

 

N'hésitez pas si vous avez des question.

 

Bonne journée !

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 13:41

Le fonctionnement d'un site web : texte et image

 

Bonjour à tous,

 

Cycle « sémiotique et communication web » : reprise !

 

Un site web, comme on l'a un peu évoqué dans l'article « sémiotique et communication /2 », est un système sémiotique composé d'un ensemble de sous-systèmes. Aujourd'hui, nous nous intéressons au lien image/texte. Le rapport image/texte est une question fondamentale de la sémiotique car elle est représentative des recherches sémiotiques inter-disciplines : la sémiotique des textes et la sémiotique des images.

 

Les deux sémiotiques, côte à côte, produisent une interaction des deux systèmes indépendants. On peut aborder cette interaction par deux orientations : soit une orientation sémiotique : définir le fonctionnement des signes entre eux ; soit une orientation sémantique : expliquer l'apparition du sens produit par l'interaction des systèmes.

 

La sémiotique de l'image va décrire et analyser les différents niveaux interprétatifs de l'image qui la construise comme un tout permettant de transmettre une information. Une image est un syntagme sur lequel se juxtaposent les différents éléments de sens pour former, une idée, un concept, un message. Par exemple, pour l'image suivante :

 

Analyse catalogue IKEA

 

une description sémiotique d'une page de catalogue IKEA tentera de reconstruire ce syntagme en classant les objets selon leur forme, leur fonction, leur connotation... Cet inventaire de « signifiants » (forme concrète) permettra de repérer et désigner le « signifié » (interprétation conceptuelle) auquel on arrive. L'analyse sémiotique cherchera, elle, à définir les schémas d'interprétation propres à l'image ainsi que son fonctionnement sémantique.

 

La sémiotique textuelle s'occupera d'objets spécifiquement textuels, décrira et analysera les différentes manifestations de la signification émanent du texte. De la même façon que pour une image, on classera, catégorisera les éléments formels pour décrire la grammaire narrative du texte. Un texte est fondé par des acteurs (un personnage, une chaise, un concept...) et la sémiotique permettra de décrire l'organisation des rôles, les niveaux d'énonciation, les différentes figures et les valeurs mises en scène.

Par exemple, dans le cas d'une étude sur le conte de Cendrillon, la sémiotique textuelle s'occupera de décrire puis d'analyser les fonctions narratives de chaque personnage, les valeurs diffusées (beauté, gentillesse, candeur, méchanceté...), quel rôle joue tel personnage, comment évolue-t-il, avec l'aide de qui ou quoi etc.

 

Sur un site web, comme dans une bande dessinée ou une publicité, les deux sémiotiques se rencontrent. Pour cela, des règles spécifiques se mettent en place. Ce qui nous intéressent en particulier, ce sont les possibles relations : quels liens ont l'image et le texte sur une plateforme commune ?

 

Une image ou un texte peuvent jouer différents rôles, il peut s'agir d'une illustration, d'une précision... R. Barthes, dans L'aventure sémiologique, définit deux fonctions essentielles de la relation texte/image. La fonction d'ancrage place le texte au centre du message : le texte indique le « Signifié » que le lecteur doit sélectionner ; sans lui le lecteur ne comprendra pas « ce qu'il faut comprendre ». La fonction relai pose le texte comme non essentiel à la compréhension de l'image ; le texte ne fait que reprendre le sens de l'image ; le lecteur n'en a pas besoin pour comprendre.

Prenons un exemple :

 

Analyse sémiotique image/texte

 

Cette publicité (l'effet provocateur de cette image vous intéressera, j'en suis sûr et je me rends en plus compte qu'elle est un bon exemple !) est, si l'on excepte le logo de l'entreprise, très révélatrice de la construction d'un sens à partir d'un texte et d'une image. L'image, seule, du corps de cette femme ne révèle rien du sens voulu, au mieux « Aubade vend de la lingerie. ». Le texte seul n'a pas vraiment de sens, quelle « ivresse » ? Mais la relation érotico-sensuelle saute aux yeux (il me semble...) dès lors qu'on associe l'un à l'autre : l'ivresse de la volupté et « offrir » de la lingerie... Ces publicité ont fait couler beaucoup d'encre, beaucoup d'analyses pertinentes ont été faites, n'hésitez pas à vous y référer...)

 

N'hésitez pas si vous avez des question.

 

Bonne journée !

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 13:53

Le fonctionnement d'un site web : qu'est ce qu'un site web "sémiotique" ?

Bonjour à tous,

 

Lors du dernier message sur la sémiotique et la communication, nous avons abordé la question de la sémiotique en général : la question de la communication en fonction d'un contexte global. Aujourd'hui, nous envisageons la question de la cohérence globale d'un système sémiotique en particulier.

 

Un système sémiotique est un système cohérent qui fonctionne en sous-systèmes agencés entre eux de façon unifiée et globale. La sémiotique va s'intéresser au fonctionnement de ce système et va décrire comment il est interprété par n'importe qui ; non pas comment chacun le comprend ou comment il faudrait le comprendre mais comment ses caractéristiques intrinsèques fondent un système de sens potentiellement interprétable par chacun comme par tous. La question du sens et de l'interprétation est au centre de l'étude sémiotique : pourquoi et comment ce système "fait sens" ?

 

Je prendrai comme exemple un site web (n'importe lequel fera l'affaire !). Pour expliquer le fonctionnement d'un site Internet, on peut se situer selon plusieurs points de vue : celui de l'internaute (interprétation) ou celui du technicien webmaster (production), de l'e-commerçant etc. Bref, autant de points de vue que d'acteurs dans la constitution et le fonctionnement du site. Tous les points de vue sont différents mais chacun se révèle pertinent.

 

Pour l'internaute, un site web est une interface graphique interactive et non une image statique. Cette différence est essentielle car elle induit une action volontaire et réfléchie de la part de l'internaute et… forcément un niveau de compréhension menant à cette action. Une étude sémiotique s'intéressera au contexte (quelle connaissance l'internaute a de l'internet et comment l'utilise-t-il ?) et au cotexte (ce site parmi d'autres, la question de l'hypertexte rentre en ligne de compte mais pas uniquement : quelle influence ont les sites visités avant…).

 

Pour autant, focalisons-nous sur le site web en lui-même ! Dans un premier temps, il doit être décrit. L'analyse viendra ensuite. Les différents éléments du site, le discours tenu, couleurs, liens, textes images, animations, vidéos, sons, polices : chacun sera d'abord pris indépendamment en tant que système autonome et décrit : éléments, composition, sens, discours, émetteur, destinataire, canal. Ensuite, une étude sera menée de la même façon pour tous les sous-systèmes rassemblés.

 

Enfin l'analyse commencera. Celle-ci cherchera comment le sens est produit à partir d'éléments concrets et basiques. La sémiotique est une discipline d'analyse et de description et non d'interprétation ou de jugement. Dans une orientation professionnelle, elle ne fait que servir de base à des préconisations non sémiotiques.

 

Pour une analyse de site web, je vous propose le document suivant qui ne vient pas de moi mais qui me semble bien fait. Je viens de le trouver sur le net : à ne reprendre que les considérations générales et le plan de l'analyse (non pas que le reste soit inintéressant mais pas directement lié à cette "explication").

 

http://www.semionet.fr/ressources_enligne/Enseignement/03_04/03_04_Itaim/cours/cours_site_presse.pdf

 

 

Bonne journée !

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